Entre charia et coutume. Le qāżī en action dans une romance indienne du xviiie siècle

La présentation des interventions du qāżī dans le chef-d'œuvre de la poésie prémoderne en panjabi, Hīr de Vāris Šāh (fl. milieu du xviiie siècle), à propos d'un héritage et d'un mariage contesté, est précédée de brèves considérations historiques illustrées de quelques exemples emprunt...

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Main Author: Matringe, Denis (Author)
Format: Electronic Article
Language:French
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Published: Ed. de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales 2011
In: Archives de sciences sociales des religions
Year: 2011, Volume: 154
Further subjects:B autoridad judicial
B ley musulmana
B Siglo XVIII
B autorité juridique
B Custom
B costumbre
B fr
B literatura de Penjab
B XVIIIe siècle indien
B poésie penjabie
B Indian 18th century
B Panjabi poetry
B Islamic Law
B judicial authority
B coutume
B loi musulmane
Online Access: Presumably Free Access
Volltext (lizenzpflichtig)
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Description
Summary:La présentation des interventions du qāżī dans le chef-d'œuvre de la poésie prémoderne en panjabi, Hīr de Vāris Šāh (fl. milieu du xviiie siècle), à propos d'un héritage et d'un mariage contesté, est précédée de brèves considérations historiques illustrées de quelques exemples empruntés au célèbre voyageur marocain Ibn Baṭṭūṭā (1304-1377). Ensuite, le discours du qāżī fictif de Vāris Šāh est examiné en relation avec celui de deux autres sources d'autorité juridique intervenant dans son poème, le Conseil de caste ou pañcāyat et le radjah (rājā) - le cadre culturel et social étant celui de bourgades indiennes de l'époque moghole où, typiquement, la coutume le dispute aux prescriptions de la charia. Le rapprochement des textes d'Ibn Baṭṭūṭā avec le poème de Vāris Šāh permet d'ébaucher une image de la pratique du qāżī en Asie du Sud à l'époque précoloniale. On peut mesurer l'écart qui sépare le qāżī lettré exerçant dans une capitale, et le cas échéant originaire d'un autre pays, du qāżī de canton (pargana), très inséré dans le tissu social de sa juridiction. Le premier se préoccupe uniquement, et conformément à ses attributions, de faire respecter la charia. Le second, lui, cherche à préserver l'ordre social en faisant respecter la coutume. Tout au plus enrobe-t-il à l'occasion son discours de références à la charia, ou établit-il, contre l'évidence, une équivalence entre l'une et l'autre.La présentation des interventions du qāżī dans le chef-d'œuvre de la poésie prémoderne en panjabi, Hīr de Vāris Šāh (fl. milieu du xviiie siècle), à propos d'un héritage et d'un mariage contesté, est précédée de brèves considérations historiques illustrées de quelques exemples empruntés au célèbre voyageur marocain Ibn Baṭṭūṭā (1304-1377). Ensuite, le discours du qāżī fictif de Vāris Šāh est examiné en relation avec celui de deux autres sources d'autorité juridique intervenant dans son poème, le Conseil de caste ou pañcāyat et le radjah (rājā) - le cadre culturel et social étant celui de bourgades indiennes de l'époque moghole où, typiquement, la coutume le dispute aux prescriptions de la charia. Le rapprochement des textes d'Ibn Baṭṭūṭā avec le poème de Vāris Šāh permet d'ébaucher une image de la pratique du qāżī en Asie du Sud à l'époque précoloniale. On peut mesurer l'écart qui sépare le qāżī lettré exerçant dans une capitale, et le cas échéant originaire d'un autre pays, du qāżī de canton (pargana), très inséré dans le tissu social de sa juridiction. Le premier se préoccupe uniquement, et conformément à ses attributions, de faire respecter la charia. Le second, lui, cherche à préserver l'ordre social en faisant respecter la coutume. Tout au plus enrobe-t-il à l'occasion son discours de références à la charia, ou établit-il, contre l'évidence, une équivalence entre l'une et l'autre.
The presentation of the qāżī's interventions in the masterpiece of pre-modern Punjabi poetry, Hīr by Vāris Šāh (fl. mid-18th c.), regarding an inheritance and a contested wedding is preceded by brief historical considerations with a few examples drawn from the famous Moroccan traveller Ibn Baṭṭūṭā (1304-1377). The discourse of Vāris Šāh's fictitious qāżī is scrutinized in relation with that of two other sources of judicial authority intervening in the poem, the caste council or pañcāyat and the rajah-the cultural and social framework being that of Mughal townships where, typically, customs rivals sharia's prescriptions. Connecting Ibn Baṭṭūṭā's texts with Vāris Šāh's poem allows one to sketch out the qāżī's practice in pre-colonial South Asia. One can measure the gap between a well-read qāżī-possibly born abroad-practicing in a capital, and a canton (pargāna) qāżī, well integrated in the social fabric of his jurisdiction. The first one is mostly busy, as per his remit, enforcing the sharia. As for the second one, he tries to preserve the social order by enforcing the custom. At the utmost, he sometimes wraps up his discourse with references to the sharia, or he establishes, against evidence, an equivalence between one and the other.
La presentación de las intervenciones del qāżī en la obra maestra de la poesía premoderna en Penjab, Hīr de Vāris Šāh (mediados del siglo XVIII), a propósito de una herencia y de un matrimonio discutidos, es precedida por breves consideraciones históricas ilustradas por algunos ejemplos tomados del célebre viajero marroquí Ibn Battútā (1304-1377). Luego, el discurso del qāżī ficticio de Vāris Šāh es examinado en relación con el discurso de otras dos fuentes de autoridad jurídica que intervienen en su poema, el Consejo de casta o pañcāyat y el rajá (rājā) -el marco cultural y social es el de las aldeas indias de la época mongola donde, típicamente, la costumbre disputa la autoridad con las prescripciones de la Sharia. El acercamiento de los textos de Ibn Battútā con el poema de Vāris Šāh permite esbozar una imagen de la práctica del qāżī en Asia del Sur en la época pre-colonial. Se puede medir la distancia que separa al qāżī letrado, que ejerce en una capital, y llegado el caso es originario de otro país, del qāżī de cantón (pargana), muy inserto en el tejido social de su jurisdicción. El primero se preocupa únicamente, y de acuerdo a sus atribuciones, de hacer respetar la sharia. El segundo, por su parte, busca preservar el orden social haciendo respetar la costumbre. Como mucho recubre su discurso, para la ocasión, de referencias a la sharia, o establece, contra la evidencia, una equivalencia entre una y la otra.
ISSN:1777-5825
Contains:Enthalten in: Archives de sciences sociales des religions
Persistent identifiers:DOI: 10.4000/assr.23168